J-69, une histoire de plafond

C'est la première fois depuis une semaine que la sonnerie du téléphone me réveille ce matin.

Mon amie insomnie avait repris ses quartiers dans mes appartements ces derniers temps.

Le body scan de 6h15 était aussi une manière d'occuper le temps.
Trop fatiguée ce matin. J'ai renvoyé le réveil à son horaire honnête et habituel, c'est à dire 7 heures.

La pleine conscience attendra un peu.


Hier soir c'était séance hebdomadaire de yoga, une séance plutôt axée sur la relaxation.

Complètement inhabituel. Mais la vie est très joueuse avec moi en ce moment.
Cela s'est soldé par une grosse vague de chagrin.
Les larmes sont parfois si profondément enterrées.
Une heure et demie de relaxation pour creuser, les atteindre, et ouvrir la petite brèche qui leur a permis de sourdre délicatement en silence. Comme une petite source nouvelle venue étancher la soif de terres asséchées.
Hier soir, je me suis improvisée puisatière, et puis j'ai bien dormi.


Le body scan attendra, mais pas la pleine conscience. Je vais pratiquer sur le chemin du retour à la maison !

C'est fou les efforts que déploie la nature en ce moment pour me rappeler qu'elle existe.

Et pour me rappeler à la conscience de l'instant: ramures flamboyantes, tapis de feuilles craquantes, senteurs mouillées des mousses et des lichens, perles de rosées, même les araignées s'y mettent en décorant le chemin de mille fils de lumière.

Et la musique du vent dans le grand peuplier tremble.


Pourtant malgré cela les pensées tourbillonnent à la vitesse de l'éclair.

Le cheval est presque impossible à calmer quand je suis en promenade, en particulier le matin.

J'ai l'impression d'avoir un casque sur la tête et un nuage électro-magnétique coincé dessous.

Je me sens comme ma maison, basse de plafond.


Huit semaines en pleine conscience, J-69, la leçon du jour: je suis basse de plafond.


Ou non allez, soyons académique: il y a un espace bas de plafond en moi. Mais je ne suis pas cela.


Je récite ma leçon par coeur. C'est toujours mieux que rien.