J-66, j'ai marché parmi les ombres

Insomnie n'était pas partie bien loin.
Errance dans les affres du doute et de l'angoisse ce matin.
L'angoisse, pareille à elle-même.. un gouffre froid dans la poitrine, une sensation d'écrasement, tout le corps figé dans une terreur sans objet.


La conscience, si aiguë depuis hier, que la vie que je mène depuis si longtemps est trop lourde pour moi.

Que je ne peux plus porter tout ça.

Que tout repose sur, et entretient mon sentiment d'insécurité fondamentale.


Je vais puiser tout ce que je donne à un endroit où il n'y a rien.
Ou si peu.
Tout ce que je récupère comme énergie, comme confiance, comme force chaque jour vient tout juste alimenter cet endroit vide et froid. Et il ne reste plus rien, ou si peu, pour moi.


Comment peut-on en arriver là ? Et vivre ainsi pendant si longtemps surtout ?


Le doute..

La méditation, la pleine conscience apportent la lumière. Mais comme le disait si bien je ne sais plus qui au final.. plus il y a de la lumière, plus on voit l'ombre. Ma thérapeute me disait il n'y a pas si longtemps que la méditation n'était peut-être pas ce qu'il me fallait en ce moment..

Comment la présence, l'attention à ce qui est pourrait ne pas être indiquée pour moi lui ai-je répondu ?


Le doute ce matin.. suis assez forte pour aller regarder l'ombre ?

 

Mon chemin vers la grotte de l'introspection passe par un étroit et profond souterrain rempli de peurs archaïques.

Suis-je de taille pour les regarder en face ?
En même temps, que je veuille les regarder ou non, elles sont là.


Oh Seigneur, ne me laisse pas dans l'abîme je t'en supplie !!!!!!


La réponse est souvent rapide, heureusement.


J'entends le message. Si puissant et si simple à la fois. Si simple que je l'oublie souvent.
Ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii.
Je respire..
Ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii.
J'inspire...
Ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii
Le oui expiré est comme un massage profond, chacune de mes cellules l'entend, tout mon corps se réchauffe, se décrispe, se détend.. se laisse aller.
Ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii


L'instant présent. Je suis là, dans mon lit. Il n'y a aucun danger.


Il y a juste mon souffle apaisant, les draps et leur chaleur douce sur ma peau, le matelas qui me soutient et me porte..

tout cet ouragan qui a précédé n'existe plus, n'existe pas.


Seule ma poitrine garde l'empreinte de la peur, comme un souvenir, une trace dans le sable mouillé.


Un nouveau jour commence. J'ai marché parmi les ombres, comme presque chaque matin.