Et si...?

Réveil au petit matin avec de nouveau cette épouvante bien accrochée.

Le froid dans la poitrine, le coeur qui bat tellement vite

J'ai peur, et je ne sais pas de quoi.

Elle glisse en moi comme un serpent. La peur.

Elle s'insinue dans tous les recoins de mon être. Elle me paralyse.

Et je suis là, allongée dans mon lit, incapable du moindre geste. Mon esprit affolé cherchant désespérément à se raccrocher à une sensation de bien-être.

Je sens...

la chaleur du lit

le moelleux de l'oreiller.

Je sens.. je ressens

J'ai chaud

Je suis confortablement installée.

 

J'observe, j'accueille

 

cette horreur dans ma poitrine. J'essaie de ne pas plonger avec elle.

 

Et pourtant ce matin, je me pose la question.

Et si je plongeais ?

Et si je la laissais me submerger ?

Qu'adviendrait-il de moi ?

Et qui moi ?

 

Ce matin, je la laisse enfler. Et elle m'échappe.

Je ne sais plus exactement, mais je crois qu'elle m'a échappée.

Pour revenir, insidieuse.. relancer la lutte. Me ramener sur le fil. Au bord.

 

C'est étrange cette sensation

d'être toujours "au bord de".

En équilibre.

Si fragile.

Prête à chuter qui ne chute jamais.

 

Nijinski a chuté. Il s'est laissé emporter. Après avoir accouché de tous les mots qui habitaient son esprit.

Ecrire aurait pu le sauver mais non, c'est le contraire qui s'est produit.

Est-ce que je me laisserai emporter moi aussi ? quand tous les mots seront sortis de moi ?

Ses mots sont étourdissants. S'ils sont à l'image de ce qui se passait dans sa tête alors oui mon Dieu, je comprends qu'il soit devenu fou.

Un hall de gare.

 

Mais moi je suis celle prête à chuter qui ne chute jamais.