Au début.. et à la fin

 

Au début... et à la fin.

Au début de quoi ?

A la fin de quoi ?

Telle sera la question.

 

Le premier jour du reste de ma vie (merci Etienne).

 

Parce que s'il y a un début, c'est qu'il y a eu une fin. Il faut une fin, pour qu'il y ait un début.

Alors.. tout début est l'enfant d'un deuil.

D'une perte.

D'un abandon.

 

Il faut laisser derrière soi pour aller de l'avant

Il faut se dévêtir

Il faut détourner le regard

Il faut accepter de regarder ailleurs

Il faut même peut-être.. sûrement.. accepter le manque, le vide.. l'absence.

 

Le vide

Début vertigineux

Vertige du débutant

Tout à construire, tout à imaginer, tout à rêver, tout à concrétiser, tout à être

 

Le début de quoi ?

"La deuxième vie comment quand on prend conscience qu'on n'en a qu'une" dit-on.

Le début de ma deuxième vie alors ?

Celle où tout serait possible ?

 

"Au début, il y a le Verbe

Que la lumière soit ! Et la lumière fut."

C'est peut-être ça le secret. Il faut une intention, une idée

Il faut une aspiration.

 

En passant.. qu'y avait-il alors, avant la lumière ?

Les ténèbres ?

Et si ténèbres il y avait, qui les a enfantés ?

Ou alors nous venons d'un monde sans lumière ni ténèbres, un monde que nous ne pouvons même pas imaginer.

 

Bon, ma deuxième vie donc.

"Que la lumière soit" me paraît un bon début.

La lumière.. ma lumière, la mienne

Pas celle d'un autre, qui viendrait me réchauffer.

La mienne. Mon petit astre du jour à moi.

 

A quoi faut-il mettre fin pour que ça se mette à briller ?

A des espérances ?

A des attentes

A des faux-soleils, certainement

A des mémoires de la nuit des temps, oui.. aussi.

 

La mémoire.. c'est elle la coupable !

C'est elle le coup des débuts et des fins.

C'est elle qui sonne le glas des bonheurs éphémères.

C'est elle qui asservit le temps, qui l'aplatit, qui le réduit à une ligne à sens unique.

C'est encore elle qui célèbre les grandes libérations.

Mais le temps n'a ni début ni fin puisqu'il est.

 

Aujourd'hui je débute une nouvelle vie parce que je me souviens de ce qui a été.

Et que je n'en veux plus.

Mais qui est celle qui a toujours été là ?

Quels que soient les débuts, quelles que soient les fins ?

 

Bon.

Revenons au début puisque c'est bientôt la fin.

Au début... et à la fin.

 

Au début, j'ai ouvert les yeux je crois.

Et j'ai vu ce monde.

Et j'ai eu mal

Et je n'ai pas cessé d'avoir mal depuis.

Mais j'ai vu la lumière aussi. Alors je suis restée.

 

A la fin, je fermerai les yeux et je serai heureuse et triste à la fois.

Parce que j'ai appris comme ce monde est beau.

Parce que je l'ai goûté, je l'ai touché, je l'ai écouté

J'ai foulé son sol avec mes pieds

J'ai senti la terre après la pluie et la rosée au petit matin

J'ai caressé la peau et humé les cheveux

J'ai vu l'arc-en-ciel des jours de pluie et les aurores des jours d'hiver

 

Dieu que tout cela va me manquer.

 

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