Et pourquoi ne pas surfer sur le web quand on peut le faire

ou.. voyage en terre inconnue - épisode 1

 

Je le connais bien, cet inconfort. Cette impression d'avoir un fauve en cage dans la poitrine. Un forcené qui se tape la tête contre des barreaux. Un ouragan confiné dans un flacon de cristal.

Je le connais bien, et en même temps pas tant que ça.

 

Pas tant que ça.. et pourquoi ? me diras-tu

Et bien parce que dès que je la sens arriver

la sensation

Dès que je sens la déferlante déferler

à peine elle commence à déferler,

hop, je m'assieds devant mon ordinateur comme d'autres attraperaient une cigarette

et je prends ma dose.

Je coupe les circuits, je mets un couvercle, j'étouffe, je bâillonne, je ferme, je musèle,  j'écrase.. choisis l'image que tu veux

Je mets sur off.

 

Evasion de l'esprit, évasion du corps

je surfe sur le web, j'entasse des idées, des couleurs, des envies, des opinions, des révoltes, des paysages, des rêves, des découvertes, des vérités, des contre-vérités

Je cherche, je me renseigne, je vérifie, je me documente, je débusque, j'oppose

Je traque la vérité du monde pour ne pas confronter la mienne

Je donne à bouffer à mon esprit pour qu'il sédate la bête.

 

Surtout ne pas ressentir

Voilà, c'est passé.

Jusqu'à la prochaine fois.

 

Aujourd'hui.. j'ai décidé de la laisser rugir. Quelques minutes.

Aller voir par curiosité, cette chose hurlante, piégée, désespérée.

 

Hyper inconfortable.

Et en même temps.. absolument exaltant.

Inconfortable parce que les sensations sont sauvages, violentes, destructrices.

Alien. Le monstre en moi.

Inconfortable parce que pas de mode d'emploi

Pas d'explication, pas d'information, pas de carte, pas de manuel, pas de reset

Rien.

D'où ça sort ça ?

 

Et absolument exaltant car c'est comme aller à la rencontre de quelque chose de totalement inconnu.

Quelque chose qui... se laisse observer

Quelque chose que la conscience apaise.

 

La conscience n'essaie pas d'annihiler, ni de comprendre.

Elle ne juge pas non plus

Elle observe simplement.

Et c'est comme si la bête ne pouvait rester Bête sous ce regard là.

J'ai senti la sensation fondre comme un bonbon dans la bouche d'un enfant.

 

Bon, pas complètement c'est vrai.

Parce qu'elle ne fond pas sans lutter la bestiole !

Et qu'au bout d'un moment ouh là, allez, c'est bon pour aujourd'hui, circulez y'a rien à voir

Qu'est-ce que ça raconte le monde dehors ?

 

Mais j'y retournerai

Visiblement,  il y a une chose blessée à soigner.

 

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